#ITV Macret : « J’ai tout donné »

#ITV Macret : « J’ai tout donné »
Mégane en discussion avec son Coach, Kader Sahnoun (© Nacime Rahoui).
C’est une page de l’Histoire de l’équipe fanion féminine de l’ASBO (Régional 1) qui se tourne. Ce lundi, la Capitaine beauvaisienne Mégane Macret a annoncé, via un message posté sur ses réseaux sociaux, sa retraite sportive... à seulement 29 ans ! Formée à Auneuil, Allonne et l’ASBO avant de connaître la Division 2 avec Compiègne et Nancy, la buteuse revenue au club sang et neige depuis 2017 nous explique sa décision.

asbo.fr : Mégane, l’annonce de l’arrêt de ta carrière peut surprendre. Pourquoi ce choix ?

Mégane Macret : Ça faisait quelques mois que je me posais des questions. Je tenais le coup parce qu’il y avait un truc à jouer cette saison et qu’il était hors de question que je laisse l’équipe comme ça. Sauf que là, malheureusement, après la défaite de dimanche à Roubaix, même si mathématiquement ce n’est pas fait, on ne va pas se mentir, on sait que la montée en Division 3 ne sera plus possible (ndlr : l’ASBO, 3e, est à 10 points du 1er et seul futur promu Roubaix, invaincu, à 7 journées de la fin de la saison). Ça fait 3 semaines que je joue avec un genou en vrac, que je force dessus, et avec mon travail, je ne peux pas me permettre de forcer plus. J’ai besoin de voir autre chose. J’ai tout donné pour le foot, ça y est.

On parle de la défaite de dimanche, mais on imagine que c’est une décision réfléchie en amont...

Oui. Déjà, la saison dernière, je ne savais pas si j’allais rempiler. 29 ans, c’est jeune, mais quand on fait le travail très physique que je fais à côté, c’est compliqué (elle bosse dans l’industrie). En plus, je passe actuellement des formations pour monter de grade et je ne peux plus manquer des jours à cause de blessures, ce qui est arrivé trop souvent. D’ailleurs, ce qui m’énerve, c’est que je me blesse de plus en plus. Par respect pour les filles, je ne veux pas venir uniquement à 1 entraînement sur 4 et jouer à 30 % le dimanche. En plus, je suis Capitaine, je dois montrer l’exemple, et là je n’arrive plus à assumer mon rôle, clairement.



Tu es encore jeune, mais tu as commencé très tôt le football, en plus...

Ça fait 23 ans que je fais ça. 23 ans que je n’ai pas eu de week-end, 23 ans que je n’ai pas eu de temps pour moi même la semaine avec les entraînements. J’ai besoin de me consacrer à ma vie personnelle et professionnelle. Mais je compte bien jouer un dernier match, le 23 avril, contre Valenciennes (2e), pour partir et dire au revoir proprement. Je tiens à le faire à Beauvais. D’ici là, je vais soigner mon genou.

Comment le groupe a-t-il pris ton annonce ?

Les filles me disent que j’ai raison, que je le mérite et elles me remercient toutes pour ce que j’ai fait pour elles depuis que je suis ici. Ça fait chaud au cœur parce que j’avais peur qu’elles m’en veuillent. Ça m’enlève beaucoup de culpabilité. Je sais qu’elles comprennent, elles m’ont toutes envoyé un message. En fait, je ne sais même pas pourquoi j’ai eu des craintes parce qu’elles sont toutes géniales !



Quel avenir vois-tu à cette équipe ?

Je lui vois un très bel avenir. J’espère que le club va réussir à recruter un peu pour étoffer le groupe la saison prochaine. Actuellement, l’effectif est trop juste en quantité pour pouvoir prétendre réellement à jouer la montée, je pense. Je souhaite aux filles d’avoir davantage de moyens pour y arriver. Elles s’acharnent, elles ne demandent jamais rien et ont besoin de soutien.

Continuer en basculant dans le Staff, c’est possible ?

Non (rires) ! Si c’est pour continuer à passer mes semaines et mes week-ends sur les terrains, ça ne sert à rien d’arrêter. J’ai le projet de fonder une famille, d’évoluer professionnellement, j’ai vraiment besoin de couper. Je ne rejette pas l’idée à l’avenir, parce qu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait, mais pour le moment, non.



Que retiens-tu de ta carrière ?

Je garde tout, le positif comme le négatif. Même les blessures, ça m’a forgé le caractère et un mental. Je remercie mes coéquipières et mes adversaires. Elles ont toutes fait partie de mon Histoire avec le football et je ne jette rien. Je tiens à remercier aussi évidemment mon Coach Kader Sahnoun, qui m’a donné le plus beau rôle de ma carrière, celui de Capitaine, un rôle que j’ai vraiment pris à cœur depuis 5 ans. Je délègue maintenant le brassard à Anaïs (Baudon), je sais qu’elle fera le même travail que moi voire mieux.

Un mot justement sur Kader, avec qui tu as une relation particulière...

C’est plus qu’un Entraîneur, c’est comme un tonton ou un papa. Sur le terrain comme en dehors, on a toujours été proches. On se rend des services, même s’il m’en a plus rendu que moi je ne lui en ai rendu (rires). Il a été là pour moi et je le remercierai toute ma vie, c’est un homme en or. De toute façon, je continuerai à venir le voir lui et les filles de temps en temps les dimanches.

Mégane Macret

Née le 9 juillet 1993 à Beauvais
Attaquante
Clubs : Auneuil (04-05), Allonne (05-08), ASBO (08-09), Compiègne (09-15), Nancy (15-16), Portet (16-17), ASBO (17-23)
107 matchs de D2 (45 buts)
Internationale française U16 et U17 (10 sélections)


Publié le 05 avril à 14h00

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Pl. Club Pts J. Diff.
1. Boulogne/Mer 51 26 19
2. Saint-Malo 44 26 15
3. Granville 43 26 4
4. Chambly 38 26 14
5. Dinan Léhon 38 26 -3
6. Saint-Brieuc 37 26 5
7. ASBO 37 26 7
8. Aubervilliers 36 26 -9
9. Voltigeurs 34 26 -2
10. Racing CFF 34 26 -5
11. Lorient (b) 32 26 -3
12. Borgo 30 26 -12
13. Vire 27 26 -8
14. Guingamp (b) 20 26 -22

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